C’est avec une grande fierté que la Première Nation Malécite de Viger présente sur les ondes radio de Rivière-du-Loup de petites capsules afin de présenter votre histoire aux citoyens et citoyennes de la région.

 

Capsule 1 – semaine du 28 janvier 2018

La Grande Nation Malécite 1

L’histoire des Malécites du Québec est indissociable de celle des Malécites du Nouveau-Brunswick ou du Maine. Les membres de cette ancienne grande nation se retrouvent aujourd’hui divisés par le tracé des frontières modernes et assujettis à divers types de gouvernements. Plusieurs faits historiques attestent de la présence continue des Malécites sur la rive sud du Saint-Laurent, de même qu’une analyse poussée des archives paroissiales permet de suivre leurs déplacements, la composition de leur population et des familles, l’identité et l’histoire des individus et des familles.

 

Capsule 2 – semaine du 4 février 2018

La Grande Nation Malécite 2

Aux temps ancestraux, la Grande Nation Malécite comprenait au moins trois sous-groupes. Les Passamaquoddys occupaient le bassin de la rivière Sainte-Croix. Les Wolastoquiokis occupaient la partie basse de la rivière Saint-Jean. Les Madouescas ou Madawaskas occupaient principalement le bassin du lac Témiscouata, entre la rivière Rimouski à l’est et la rivière du Sud à l’ouest; ainsi que les bassins de la partie haute de la rivière Saint-Jean et le bassin de la rivière Madawaska.

 

Capsule 3 – semaine du 11 février 2018

Influence du territoire

Ce n’est l’Indien qui fait le territoire, mais le territoire qui fait l’Indien. Climat, ressources terrestres et maritimes, importance des cours d’eau déterminent le nomadisme ou le sédentarisme. Les particularités du terrain influencent le choix des lieux d’habitation, la vie en petits ou grands groupes, les modes de subsistances, les déplacements, coutumes, culture, etc. Les groupes indiens se désignaient eux-mêmes par le nom des rivières près desquelles ils habitaient.

 

Capsule 4 – semaine du 18 février 2018

Le pays des MADOUESCAS

Aux temps ancestraux, les Madouescas ou Madawaskas occupaient la partie haute de la rivière Saint-Jean, du Grand Sault jusqu’à la rive sud du Saint-Laurent. Réfugiés durant l’hiver à l’intérieur des terres, dès les premiers signes avant-coureur du printemps, ils rejoignaient par les portages leurs lieux d’occupation estivaux sur la rive sud du Saint-Laurent. Là, c’était l’abondance : oiseaux migrateurs, œufs, coquillages, poissons, mammifères marins.

 

Capsule 5 – semaine du 25 février 2018

La famille algonquienne

On classe les groupes autochtones de l’Est du Québec et des Maritimes selon leur appartenance à la famille linguistique ALGONQUIENNE, par rapport à ceux appartenant à la famille IROQUOIENNE. ABÉNAQUIS, MALÉCITES, MICMACS, MONTAGNAIS-INNUS, ALGONQUINS, pour ne citer que ceux-là appartenaient à la même FAMILLE ALGONQUIENNE.

 

Capsule 6 – semaine du 4  mars 2018

Les Indiens de l’Est

Il y a plusieurs milliers d’années, venant de l’Ouest, de petits groupes de nomades appartenant à la FAMILLE ALGONQUIENNE atteignent la côte atlantique et s’implantent progressivement dans les régions nord-est. Plusieurs hypothèses ont été formulées concernant les voies suivies par les Montagnais, les Micmacs, les Malécites. Selon les saisons et la disponibilité des ressources, ils fréquentant tantôt les bords de mer, tantôt les terres de l’intérieur, où ils occupaient les bassins versants des rivières.

 

Capsule 7 – semaine du 11 mars 2018

État de guerre permanent entre Algonquiens et Iroquoiens

Les membres de la famille ALGONQUIENNE maintenaient un état de guerre permanent avec les nations de la famille IROQUOIENNE. La plus immédiate était celle du Grand chef DONNACONNA habitant STADACONNÉ, aujourd’hui Québec. Les Iroquoiens du Saint-Laurent seront rayés de la carte entre 1550 et 1580. Le territoire reste cependant sous influence iroquoise.

 

Capsule 8 – semaine du 18 mars 2018

Traits communs chez les membres de la famille algonquienne

En plus de pratiquer des langages assez compatibles, les groupes autochtones de l’Est du Québec et des Maritimes possédaient des traits culturels communs: chasseurs, ils vivaient surtout de la forêt, se servaient des voies d’eau pour se déplacer, dressaient des campements temporaires, pratiquaient une agriculture rudimentaire, formaient des groupes plus ou moins considérables selon la disponibilité des ressources.

 

Capsule 9 – semaine du 25 mars 2018

La fédération Wabanaki

Au départ, le terme Wabanaki s’appliquait à une vaste Confédération réunissant un groupe de peuples de l’Est ou peuples du Levant. À l’origine, les Malécites, incluant les Passamaquoddys, étaient considérés comme une des composantes du Wabanaki. Le terme Abénaquis est un dérivé de Wabanaki et servira plus tard à désigner les autres groupes à l’exclusion des Malécites.

 

Capsule 10 – semaine du 1 avril 2018

Apparition et remplacement de l’appellation ETCHEMIN

Appelés ETEMINQUOIS, puis ETCHEMINES par Champlain et Lescarbot, lors de leur séjour en Acadie en 1604, les Malécites seront jusqu’en 1690, au moins, connus sous le nom d’ETCHEMINS, dénomination qu’ils partageaient avec deux autres nations dites abénaquises, les Pentagouets (Penobscots) et les Quinebequi, leurs voisins du sud.

 

Capsule 11 – semaine du 8 avril 2018

Le territoire ancestral

Avant l’arrivée des Européens, les Malécites occupaient un large corridor débutant sur la rive sud du Saint-Laurent, à la hauteur de l’île Verte, en face de Tadoussac, jusqu’à la Baie de Fundy (Baie française) sur la côte atlantique. Cantonnés à l’intérieur des terres durant la période hivernale, plusieurs groupes se répandaient durant la belle saison sur la rive sud du Saint-Laurent dans l’espace limité à l’ouest par la rivière du Sud, au-delà de laquelle commençait le territoire iroquoien, et à l’est par la baie du Bic.

 

Capsule 12 – semaine du 15 avril 2018

Importance de la TRAITE DE TADOUSSAC pour les Malécites

Bien avant l’arrivée des Européens, la TRAITE DE TADOUSSAC constituait l’événement social, commercial, politique le plus marquant de l’année. Sous la gouverne des Innus-Montagnais, on y retrouvait les Malécites de la rive sud et aussi les Algonquins venant des pays d’en-haut. On y échangeait fourrures et peaux, mais aussi tabac, maïs, toutes sortes d’objets usuels. Le tout dans une ambiance de festivités et de festins.

 

Capsule 13 – semaine du 22 avril 2018

Inhospitalité des rives du Saint-Laurent en hiver au temps ancestral

Le fleuve étant gelé pendant plus de six mois, les conditions de vie hivernales sur les bords du Saint-Laurent, au temps ancestral, autant sur la rive nord que sur la rive sud, étaient à toutes fins pratiques périlleuses. Mammifères marins, oiseaux, poissons, gibiers terrestres, désertaient les lieux. Aussi était-il normal que les premiers habitants se réfugient à l’intérieur des terres pour y trouver des conditions de vie plus agréables et se livrer aux activités de chasse et trappage traditionnelles.

 

Capsule 14 – semaine du 29 avril 2018

Les portages malécites

Pour voyager, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de leur territoire, les Malécites utilisaient des voies d’eau et de portage, certaines principales et d’autres secondaires. Souvent, la navigation était interrompue par des chutes et des cascades; ou encore, il fallait se déplacer entre un ou plusieurs cours d’eau. Qui dit portage, dit aussi fréquentes et interminables marches en portageant canots et bagages.

 

Capsule 15 – semaine du 6 mai 2018

Les Appalaches et la ligne de partage des eaux

Un obstacle majeur rendait la navigation difficile entre le lac Témiscouata et la rive sud du Saint-Laurent : la chaîne des Appalaches, suite de monts et montagnes, traverse la région d’est en ouest sur une ligne parallèle au fleuve. D’un côté, il y a les cours d’eau qui coulent vers le sud; de l’autre, ceux qui coulent vers le nord. La zone qui se trouve entre les deux est désignée sous le nom de ligne de partage des eaux.

 

Capsule 16 – semaine du 13 mai 2018

L’importance de la RIVIÈRE SAINT-JEAN pour les Malécites

La voie principale de circulation du nord au sud à travers le pays malécite était constituée par la rivière Saint-Jean. Au sud, le trajet débutait sur la côte atlantique, avant de traverser tout le territoire jusqu’à l’embouchure de la rivière Madawaska. Une fois traversé le lac Témiscouata (autrefois lac Madouesca ou Madawasca), pas le choix on débarque. Il va faut recourir aux portages malécites pour rejoindre le Saint-Laurent.

 

Capsule 17 – semaine du 20 mai 2018

Les portages entre le Témiscouata et le fleuve

Dans la région immédiate, il existait au moins trois portages principaux permettant la jonction entre le lac Témiscouata et la rive sud du fleuve. À l’ouest, la rivière Saint-François reliant la rivière Saint-Jean, le lac Pohénégamook et soit la rivière du Loup, soit la rivière Verte. Le portage de l’est, faisant lien entre le lac Témiscouata et la rivière Trois-Pistoles. Au centre, le sentier ou ROUTE DES SAUVAGES, lien terrestre reliant le lac Témiscouata et la rive sud à la hauteur de l’Isle-Verte, dont on retrouve encore la trace sur les cartes actuelles.

 

Capsule 18 – semaine du 27 mai 2018

La vie avant l’arrivée des Européens

Les Malécites étaient à la fois nomades et sédentaires. Axé principalement sur la chasse et la pêche, leurs modes de vie étaient intimement liés au cycle des saisons. Mais ils pratiquaient aussi une forme d’agriculture, utilisant les espaces propices pour y planter au printemps leurs grains en surplus, dont ils retrouveront la production séchée à leur retour en automne.

 

Capsule 19

Nomadisme

L’expression nomade a été abondamment utilisée par les colonisateurs français et anglais pour désigner les Malécites, en spécifiant …qu’ils se déplaçaient sans cesse à la poursuite de gibier…qu’ils n’ont fait que passer…qu’ils n’ont pas occupé la terre avant l’arrivée des Européens…qu’ils ne voulaient pas cultiver. Ainsi a-t-on pu justifier l’invasion et l’appropriation des territoires malécites.

 

Capsule 20

Printemps, été, automne

Le printemps arrivé, les Malécites quittaient l’intérieur des terres pour rejoindre les sites d’été plus propices à nourrir des grands groupes. La rive sud du Saint-Laurent constituait pour eux une terre promise. Dès les premiers signes d’une température plus clémente, c’était la ruée vers les portages et le retour à l’abondance: oiseaux migrateurs, mammifères marins, mollusques, poissons de toutes sortes.

 

Capsule 21

Conservation des aliments

L’hospitalité malécite était proverbiale: une fois tout le monde rassasié, incluant les visiteurs, les restes de viande et de poisson étaient découpés en lanières puis mis à sécher …ou à boucaner au-dessus du feu. Ces provisions étaient soigneusement mises de côté, afin de servir à agrémenter les repas d’hiver lorsque le gibier frais serait plus rare ou absent. Cette technique de conservation sera reprise par les Européens.

 

Capsule 22

Hiver

L’automne venu, après une dernière activité de capture et de séchage des anguilles, les Malécites reprenaient à l’inverse les portages pour regagner les terres de l’intérieur. On prenait grand soin des provisions accumulées durant l’été ou acquises lors de la traite. Venait alors de moment de la séparation, chaque cellule familiale regagnant la zone de trappe et de chasse lui étant assignée.

 

Capsule 23

Chasse et pêche

Si les activités de chasse et de pêche étaient destinées d’abord à fournir l’alimentation de base, d’autres activités accaparaient les efforts de tous les membres de la famille, selon leurs capacités. Tandis que les chasseurs se lançaient sur les traces du gros gibier, les autres membres de la communauté s’occupaient au trappage, à la préparation des fourrures et des peaux, à la confection d’habits, à la collecte de matériaux et à la confection d’outils et d’objets usuels

 

Capsule 24

Agriculture primitive

Aux temps ancestraux, les Malécites pratiquaient une forme d’agriculture étonnante par sa simplicité. Au printemps, avant de quitter leurs campements d’hiver, ils mettaient en terre le reste de leurs provisions de grains dans des endroits dégagés. Le maïs, en grandissant, servait de support aux plants de haricots et de courges. Au retour, à l’automne, on procédait à la récolte…Du moins ce que les oiseaux et les ours n’avaient pas dévoré.

 

Capsule 25

Alimentation de base

Outre les produits de la chasse et de la pêche, le maïs constituait l’aliment de base de la population malécite. Séché, il est de conservation facile. Concassé, réduit en farine, additionné de pièces de viande ou de poisson séchées, on s’en servait pour confectionner des sauces, des ragouts, du pain. Le blé et les autres types de céréales ne seront introduits que plus tard par les Européens.

 

Capsule 26

Modes de transport

Durant la belle saison, les MALÉCITES se déplaçaient à travers le territoire en canotant sur les plans d’eau et en passant de l’un à l’autre ou en contournant les obstacles en portageant embarcation et bagages. L’hiver venu, ils se déplaçaient en raquettes et en transportant leur matériel à dos ou à l’aide de traînes sauvages. Ils parcouraient ainsi des distances que, même aujourd’hui, on a de la difficulté à imaginer.

 

Capsule 27

Canots malécites

Les canots des Malécites étaient spécifiquement conçus pour naviguer sur les eaux intérieures. Légers, ils étaient composés d’un bâti de lattes recouvert de deux rangs d’écorce sur les côtés et de cinq pour le fond, le tout cousu et scellé avec de la gomme de sapin bouillie. Ils permettaient d’affronter les conditions de navigation souvent capricieuses tout en étant faciles à portager sur de longues distances.

 

Capsule 28

Préparation de la relève

Aux temps ancestraux, la polygamie était de mise chez les Malécites. Le nombre d’enfants était synonyme de richesse et de prospérité. La capacité de travail et la durée de vie étant souvent limités chez les adultes, les apprentissages commençaient très tôt pour les jeunes. Les plus courageux et habiles devenaient les leaders.

 

Capsule 29

Organisation sociale

Chez les Malécites, l’organisation sociale repose sur la notion de famille étendue, qui peut être confondue avec celle de clan. Les individus se définissent d’abord par leur appartenance au clan, avant celle de la bande et de la tribu. Le chef de bande dirige la bande par ses qualités de chasseur, son éloquence et son courage. La tribu regroupe plusieurs clans qui partagent un même dialecte et un mode de vie semblable, et qui utilisent un territoire de chasse commun.

 

Capsule 30

Description des Malécites par le jésuite Morain

Alors qu’il séjourne sur la rivière du Loup, en 1677, le jésuite Morain déclare : « Les Etchemins composent une nation d’environ 400 à 500 âmes, à ce que j’en puisse juger. Elle habite un pays situé au sud du fleuve Saint-Laurent… Ces peuples sont errants et vagabonds plus qu’aucun autre de ce pays; ils ont communication avec nous et avec les Anglais de la Nouvelle-Angleterre… La mission du Bon pasteur, établie sur les bords de la rivière du Loup, appartient à leur pays ».

 

Capsule 31

Description des Malécites par Lamothe-Cadillac 1

En 1692, l’explorateur Lamothe-Cadillac qui séjourne chez les Sauvages, décrit ainsi les Malécites : « ils sont de bonne taille, nerveux, forts, sans poil au visage, ni par le corps, bons chasseurs, tirant fort juste un coup de fusil, fiers, orgueilleux, cruels, vindicatifs, charitables entre eux… ».

 

Capsule 32

Description des Malécites par Lamothe-Cadillac 2

L’explorateur Lamothe-Cadillac ajoute encore : Les malécites « ont plus de respect pour leurs enfants que pour leurs pères, leurs mères et leurs femmes. Ils ont leurs chefs qu’ils appellent des sagamis…pour qui ils ont de la considération et de la déférence, car ordinairement il est celui d’entre eux qui est le meilleur guerrier et le meilleur chasseur ».

 

Capsule 33

Description des Malécites par le sieur de Villebon

Nommé gouverneur et commandant sur la rivière Saint-Jean en 1694, le Sieur de Villebon déclare : « Les Malécites prennent leur commencement à la rivière Saint-Jean, et poussent par les terres jusqu’à la rivière du Loup, et le long de la mer occupent Pesmouquadis (Passamaquoddy), Majais (Machias), le Monts déserts et Pentagouët (Penobscot) et toutes les rivières qu’ils ont le long de la côte ».