Histoire

Appelés Etchemins par Samuel de Champlain, les Malécites appartiennent à la famille linguistique algonquine. Ils étaient environ mille lors de l’arrivée des Européens. Ils s’appelaient entre eux «Wulust’agooga’wiks», c’est-à-dire «Peuple de la belle rivière».

Anciennement dispersés sur une bande de territoire allant du Nord au Sud du Fleuve Saint-Laurent jusqu’à la Baie de Fundy et entourés à l’Ouest par les Penobscots (région de la Beauce actuelle) et à l’Est par les Micmacs (Gaspésie actuelle), les Malécites s’y déplaçaient principalement par voies navigables. Ils ont rapidement été reconnus comme maîtres dans l’art de la construction, navigation et portage de canots.  Leur rivière de prédilection était la rivière St-Jean, «Wolastoq», d’où leur nom. Ils occupaient également les Rives du Saint-Laurent, sur la rive sud de Lévis à Métis et sur la Côte Nord du côté de Tadoussac. Les rives du Témiscouata ont aussi connu des périodes d’occupation. La présence des Malécites sur ce vaste territoire remonte vraisemblablement à au moins mille ans. Vivant de la chasse et de la pêche, les saisons guidaient leurs déplacements et leurs activités. Tous les étés, ils se rassemblaient le long de la Rivière St-Jean à des endroits propices aux échanges et à la célébration de cérémonies. Ce genre de rassemblements étaient même vus à la Pointe-de -Lévy  et à Tadoussac où plusieurs nations autochtones échangeaient leurs produits.  Ils se retiraient dans les terres l’hiver en petits groupes pour survivre à la saison froide.  Le reste de l’année,  ils faisaient le fumage de poisson, la transformation de l’eau d’érable, la pêche, etc. Le territoire des Malécites a été morcelé considérablement à cause des conflits de territoire entre les Français, les Anglais et même les Américains. Lors du régime britannique, comme la colonisation du territoire était plus intensive, les Malécites perdaient beaucoup de leur territoire de chasse au profit des colons. C’est pourquoi en 1826, les Malécites demandent au gouvernement fédéral un droit sur ces terres, ce que le gouvernement leur concède en leur donnant un lopin de terre à Viger. Il s’agit là de la première réserve autochtone du Québec. Comme les Malécites ne sont pas des agriculteurs de nature, des plaintes s’élèvent chez la population blanche qui demande la rétrocession des terres de Viger pour que des colons défrichent la terre à son plein potentiel. C’est ainsi qu’en 1870, les terres de Viger ont été rétrocédées et les Malécites ont commencé leur diaspora à la grandeur du Québec.

Une deuxième tentative de mise en réserve a été tentée en 1875 avec l’achat de terres à Whitworth dans la région de Rivière-du-Loup. Comme la terre n’était pas fertile et qu’aucun cours d’eau ne passait par la réserve, les Malécites l’habitèrent seulement un hiver.  Le gouvernement a acheté en 1891 un lopin de terre à Cacouna qui deviendra la plus petite réserve au Canada.  Territoire trop petit pour y accueillir un grand nombre de Malécites, seulement quelques habitations s’y étaient installées. Le dernier habitant de la réserve, le Chef Jacques Launière mourut dans les années 70. Il fallut attendre jusqu’en 1987 avant que les Malécites se retrouvent à Rivière-du-Loup pour élire un nouveau Conseil de bande. Il ne manquait plus que la reconnaissance officielle de la Nation par le gouvernement du Québec et c’est en 1989 que les Malécites furent reconnus comme la 11e Nation autochtone du Québec.

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Carte postale S.Belle,coll. Richard Michaud

Profil des communautés : http://www.aadnc-aandc.gc.ca/Mobile/nations/carte1200/carte-fra.html

Profil de la Première Nation Malécite de Viger : http://www.aadnc-aandc.gc.ca/Mobile/nations/profile_viger-fra.html

Détails sur la Première Nation Malécite de Viger : http://fnp-ppn.aandc-aadnc.gc.ca/fnp/Main/Search/FNMain.aspx?BAND_NUMBER=54&lang=fra